Verrière intérieure : séparer sans assombrir
L'équipe Juste Mesure · sources vérifiées le

Une verrière intérieure est une cloison vitrée, tenue par un cadre fin, souvent en métal. Elle sépare deux espaces sans couper la lumière du jour : la cuisine du séjour, un bureau du salon, une entrée sombre du reste du logement. Avant de la dessiner, trois questions se règlent : le mur qu'elle touche, l'autorisation, et la lumière dont chaque pièce a besoin.
En bref
- Ouvrir un mur porteur pour une verrière demande l'avis d'un ingénieur et, en PPE, une décision de l'assemblée des copropriétaires.
- Une verrière qui crée ou déplace une séparation touche au découpage des pièces : à Genève, une autorisation de construire, hors villa ; dans Vaud, une annonce à la municipalité.
- À la lecture des règles des deux cantons, une chambre derrière une verrière a besoin de sa propre fenêtre, comme en principe une cuisine : la verrière s'y ajoute sans la remplacer.
Pourquoi une verrière plutôt qu'une cloison pleine ?
La verrière garde ce qu'une cloison pleine enlève : la lumière et la vue. Une cuisine fermée par une verrière profite en plus de la lumière du séjour, et sa porte fermée retient une bonne part des odeurs de cuisson. Un coin bureau séparé du salon profite de la clarté de la pièce. Un couloir sans fenêtre reçoit un second jour.
Elle a aussi ses limites. Le verre laisse en général passer plus de bruit qu'une cloison garnie d'isolant. Il se nettoie des deux côtés. Et pour une pièce où l'on veut de l'intimité, comme une chambre ou une salle de bain, on prévoit un verre dépoli, une partie basse pleine ou un rideau.
Verrière et mur porteur : ce qu'il faut savoir
Monter une verrière dans une cloison légère, ou là où il n'y avait rien, reste un travail d'aménagement intérieur. L'ouvrir dans un mur porteur change d'échelle : ce mur reprend des charges, et un ingénieur dimensionne la poutre ou le linteau qui les reportera de part et d'autre de l'ouverture.
En PPE, le Code civil exclut tout droit exclusif sur les éléments dont dépend la solidité de la construction (Code civil, art. 712b). Le mur porteur en fait partie : son ouverture se décide en assemblée, sur une demande adressée à l'administrateur.
Verrière intérieure : quelle autorisation demander ?
Tout dépend de ce que la verrière change au plan.
À Genève, la LCI exige une autorisation dès qu'on modifie, même en partie, la distribution d'un bâtiment, c'est-à-dire le découpage de ses pièces (LCI, art. 1). Clore un coin du séjour par une verrière pour en faire un bureau entre dans ce cas. Quand le changement reste à l'intérieur d'un bâtiment existant, le département peut instruire la demande en procédure accélérée (art. 3, al. 7) : voyez notre article sur l'autorisation genevoise. Une villa fait exception : ses travaux intérieurs restent libres d'autorisation si la surface habitable ne bouge pas, la protection du patrimoine étant réservée (art. 1, al. 2). Pour un immeuble de logements, la LDTR classe elle aussi parmi les transformations le fait de modifier la distribution intérieure, et ces travaux passent par son autorisation (LDTR, art. 3 et 9).
Dans Vaud, le règlement soumet les transformations intérieures à l'autorisation de la municipalité, sauf si elle juge les travaux de minime importance, aux conditions de l'article 68a (RLATC, art. 68 et 68a). Tout projet lui est d'abord soumis, et c'est elle qui dit si un permis est nécessaire (permis de construire dans Vaud).
Une chambre derrière une verrière : la fenêtre reste exigée
À Genève, toute pièce qui peut servir à l'habitation est aérée et éclairée par un jour vertical ouvrant sur l'extérieur (LCI, art. 52). La surface de ces jours, projetée sur la façade, atteint au moins le dixième de celle de la pièce, et 1 m² au minimum (RCI, art. 125).
Dans Vaud, un local qui peut servir à l'habitation est aéré naturellement et éclairé par des baies d'au moins un huitième de la surface du plancher, et de 1 m² au minimum. Le règlement admet des dérogations pour les fenêtres, les lucarnes et les tabatières quand l'état existant l'impose (RLATC, art. 28).
À Genève, le règlement parle de jours qui ouvrent directement sur l'extérieur. Dans Vaud, le texte demande une aération naturelle et ne cite, comme relais de la fenêtre, qu'une véranda ou une serre accolée à l'immeuble (art. 28, al. 2). Une verrière, elle, donne sur une autre pièce. À la lecture de ces textes, elle apporte un second jour, utile dans une entrée ou un couloir, mais ne tient pas lieu de la fenêtre d'une chambre.
La cuisine suit une règle voisine. À Genève, elle demande aussi ce jour sur l'extérieur (LCI, art. 52) ; sans fenêtre, hors studio, seule une petite cuisine intégrée à une pièce qui en a une est admise, et à titre exceptionnel (RCI, art. 126). Dans Vaud, la cuisine a une ouverture directe sur l'extérieur, sauf exceptions (RLATC, art. 31). Fermer une cuisine sans fenêtre par une verrière se vérifie donc avant le dessin.
Verre, cadre, partie basse : les choix à faire
- Le verre : on choisit en général un verre de sécurité, feuilleté ou trempé, surtout dans un passage ou près du sol. Un verre feuilleté acoustique atténue mieux les voix qu'un verre simple.
- Le cadre : acier, aluminium ou bois, avec des montants plus ou moins fins. Dans un immeuble ancien, murs et plafonds sont rarement droits : le cadre se mesure sur place, une fois les reprises de plâtre faites.
- La partie basse : une allège pleine protège le verre des chocs, cache des prises et laisse placer un meuble.
- La cuisine : une verrière fermée garde la vapeur de son côté ; la hotte et l'aération de la cuisine se prévoient en même temps.
Pour la cloison qui encadre la verrière, les reprises d'enduit et la peinture, voyez notre page plâtrier. Une séparation pleine se compare dans la cloison en plaques de plâtre. Votre chef de projet vous signale avant l'offre écrite si le mur est porteur et si votre projet demande une autorisation.


