Tableau électrique et disjoncteurs : quand les changer dans un logement ancien
L'équipe Juste Mesure · sources vérifiées le

Le tableau électrique répartit le courant entre les circuits du logement et les protège. Dans un immeuble ancien, il date souvent de la construction : des fusibles plutôt que des disjoncteurs, aucune protection différentielle, peu de place libre. Le changer n'est pas toujours une obligation, mais certains signes doivent alerter.
En bref
- Un tableau se remplace en général quand il n'a pas de disjoncteur différentiel ou quand un contrôle y relève des défauts. En schéma III, un nouveau tableau n'apporte pas de protection différentielle : selon l'ESTI, c'est l'installation qui devra, à terme, être remise aux normes ou remplacée.
- Seul un électricien qui détient une autorisation d'installer peut y toucher. Avant le chantier, il prévient le gestionnaire du réseau ; à la fin, il vous donne un rapport de sécurité.
- Une installation en schéma III se contrôle tous les cinq ans, un logement ordinaire tous les 20 ans, et lors d'un changement de propriétaire quand le dernier contrôle date de plus de cinq ans.
Fusible, disjoncteur, différentiel : qui fait quoi ?
Chaque circuit part du tableau, protégé contre les surcharges et les courts-circuits. Dans les tableaux anciens, ce rôle revient le plus souvent à des fusibles, à remplacer quand ils ont fondu. Dans un tableau récent, des disjoncteurs coupent le circuit et se réarment d'un geste.
Le disjoncteur différentiel, ou DDR, fait autre chose : il détecte un courant qui s'échappe, par exemple à travers une personne qui touche un appareil défectueux, et coupe le circuit. L'OIBT, l'ordonnance fédérale qui encadre l'électricité des bâtiments, le cite avec un seuil de 30 mA au plus (OIBT, art. 16). Selon l'ESTI, l'autorité fédérale de surveillance des installations électriques, ce dispositif a parfaitement fait ses preuves pour éviter des accidents électriques (ESTI, 2010).
Quand faut-il changer un tableau électrique ?
Plusieurs signes, souvent réunis :
- Aucun disjoncteur différentiel. L'ESTI juge judicieux d'en installer un, même quand on change une simple prise (ESTI, FAQ) ; il se place dans le tableau ou dans une prise qui l'intègre (ESTI, 2010).
- Une installation en schéma III. Un même conducteur y sert de neutre et de protection. Un disjoncteur différentiel ne peut pas s'y monter en amont des circuits, et l'ESTI estimait en 2010 que ces installations devraient, à terme, être remises aux normes ou remplacées (ESTI, 2010). Changer le seul tableau n'y ajoute donc pas de protection différentielle. L'OIBT fait contrôler ces installations tous les cinq ans (OIBT, annexe, ch. 2.3.11).
- Des défauts relevés par un contrôle. Le propriétaire doit les faire réparer sans retard (OIBT, art. 5).
- De nouveaux appareils. Une plaque à induction, une pompe à chaleur ou une borne de recharge demandent en général un circuit pour elles seules, que le tableau doit pouvoir accueillir.
- Un tableau plein, sans place pour un circuit de plus.
Ce que demande la règle quand on modifie
Une installation s'établit et se modifie selon les règles techniques reconnues, c'est-à-dire les normes internationales et, à défaut, suisses (OIBT, art. 3). Pour l'ESTI, toute modification se fait donc selon la norme en vigueur. Remplacer le tableau d'une installation en système TN-S, où neutre et terre sont séparés, compte comme une modification importante : les prises jusqu'à 32 A reçoivent alors une protection différentielle (ESTI, 2010).
Dans une installation en schéma III, l'ESTI juge indispensable de garder assez de place libre dans le nouveau tableau, pour y ajouter cette protection plus tard.
Qui peut changer un tableau électrique ?
L'OIBT laisse au particulier quelques gestes simples dans son logement : une prise ou un interrupteur sur l'équipement existant, un luminaire à brancher (OIBT, art. 16). Le tableau n'en fait pas partie. Il relève de l'autorisation d'installer délivrée par l'ESTI (art. 6). Avant le premier câble, l'électricien prévient le gestionnaire du réseau (art. 23). Les travaux finis, il contrôle l'installation, consigne le résultat dans un rapport de sécurité et vous le donne ; c'est ensuite à vous de l'envoyer au gestionnaire du réseau (art. 24). Le cadre complet est décrit dans l'OIBT et votre logement.
Gardez aussi le schéma et les plans de l'installation : le propriétaire les conserve pendant toute sa durée de vie (art. 5).
Contrôles : cinq ans, 20 ans, et à la vente
Le contrôle périodique revient tous les 20 ans pour un logement, tous les cinq ans en schéma III (OIBT, annexe). Il est confié à un organe de contrôle qui n'a pas participé aux travaux (art. 31 et 32). Quand le logement change de propriétaire, par une vente par exemple, l'annexe (ch. 3) demande un contrôle si le dernier rapport a plus de cinq ans. C'est souvent à ce moment qu'un vieux tableau se découvre.
En PPE ou dans un logement loué
En PPE, l'arrivée d'électricité et les colonnes de l'immeuble alimentent aussi les autres copropriétaires : aucun d'eux ne peut en avoir le droit exclusif (CC, art. 712b). Y toucher passe par l'administrateur. Le tableau de votre appartement se traite en général à part, mais vérifiez le règlement de la PPE.
Si vous louez votre logement, la personne qui l'occupe doit vous signaler sans délai les défauts de l'installation (OIBT, art. 5).
Pour un tableau à remplacer, notre électricien commence par vérifier l'installation existante. Votre chef de projet vous signale avant l'offre écrite si vos projets, une plaque à induction ou de nouvelles prises électriques, demandent de reprendre le tableau.


