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Juste Mesure

Moisissure sur les murs : causes et solutions durables

L'équipe Juste Mesure · sources vérifiées le

Illustration : galetas vidé et balayé, plancher en bois et compartiments à claire-voie.

Des points noirs dans l'angle d'une chambre, des joints qui foncent près de la fenêtre : la moisissure est courante. Selon l'OFSP, les problèmes d'humidité et de moisissures touchent près d'une habitation sur quatre ou cinq en Suisse (OFSP, 2026). La moisissure se nettoie, mais revient tant que sa cause reste en place.

En bref

  • Pas de moisissure sans humidité. Une solution durable commence par trouver d'où vient l'eau : mur froid, vapeur de la douche ou de la cuisine, aération insuffisante, infiltration.
  • Une trace superficielle de 10 × 10 cm au plus, à un seul endroit, s'enlève à l'eau et au produit ménager. Au-delà de 0,5 m² de taches isolées ou de 10 × 10 cm de moisissure dense, ou à plusieurs endroits, elle demande selon l'OFSP une expertise et une entreprise spécialisée.
  • Une peinture anti-moisissure ne remplace pas un assainissement : l'OFSP la déconseille dans les pièces d'habitation.

D'où vient la moisissure sur les murs ?

Un matériau qui reste humide plusieurs jours finit en général par moisir, et aucune moisissure n'apparaît sans humidité (OFSP, 2021). La brochure de l'OFSP cite plusieurs causes :

  • un mur de façade mal isolé, qui se refroidit en hiver : la moisissure se forme sur ce mur et dans ses angles ;
  • la vapeur de la douche, de la cuisine ou d'un humidificateur, qui se dépose sur les points froids : fenêtres, cadres, murs extérieurs ;
  • une aération insuffisante, pas toujours due aux habitants : évacuation d'air défectueuse, hotte encrassée, fenêtres trop petites ;
  • plus rarement, une infiltration d'eau : pluie battante, fissures, toiture abîmée, conduite percée.

Une odeur de moisi nette, sans tache visible, signale une moisissure cachée. L'OFSP recommande alors une expertise.

Moisissure : la nettoyer vous-même ou appeler un spécialiste ?

L'OFSP classe les dégâts selon leur étendue (« Moisissures dans les habitations ») :

  • jusqu'à 10 × 10 cm de traces superficielles, à un seul endroit d'une seule pièce : pas de risque pour la santé, la trace part à l'eau et au produit ménager ;
  • jusqu'à 0,5 m² de taches isolées, ou 10 × 10 cm de moisissure dense, à un seul endroit : le propriétaire peut l'enlever en suivant le guide de l'OFSP, ou la faire enlever par une entreprise ;
  • au-delà, en profondeur ou à plusieurs endroits : une expertise par un spécialiste en physique du bâtiment, puis un assainissement par une entreprise, sans bricolage.

Les personnes fragiles, par exemple atteintes d'asthme chronique grave ou d'une faiblesse immunitaire, ne font pas ces travaux elles-mêmes. Un déshumidificateur ne se met en marche qu'une fois la moisissure enlevée.

Inutile de faire mesurer l'air pour trouver une moisissure cachée : selon l'OFSP, aucune méthode fiable n'existe aujourd'hui (OFSP, 2026).

Un assainissement dans les règles de l'art

Assainir, c'est retirer toute la moisissure, sécher les matériaux et supprimer la cause. Pendant ces travaux, l'exposition aux particules de moisissure peut être 1000 à 10 000 fois plus forte (OFSP, 2021). L'OFSP renvoie aux notices de la Suva et de l'association suisse des entrepreneurs plâtriers peintres (OFSP, 2026). Selon la contamination, ceux qui assainissent portent gants, masque et lunettes, et il est parfois utile de fermer la pièce au reste du logement (OFSP, 2021).

Le plâtre et la peinture viennent ensuite. Repeindre une tache sans traiter le mur ne règle rien : l'humidité et les particules restent dessous.

Comment éviter que la moisissure revienne ?

Pendant la période de chauffage, l'OFSP conseille (OFSP, 2021) :

  • une humidité relative de 30 à 50 %, sans dépasser 40 % les jours très froids ;
  • un courant d'air au moins trois fois par jour, cinq à dix minutes, fenêtres et portes grandes ouvertes, plutôt qu'une fenêtre basculée en permanence ;
  • la hotte ou le ventilateur en marche quand on cuisine ou qu'on se douche, et une hotte nettoyée ;
  • dans un immeuble des années 1960 ou 1970 aux murs froids, un chauffage réglé à 20 °C, enclenché sans retard à l'automne ;
  • 10 cm d'écart entre les meubles et les murs extérieurs ;
  • des joints de baignoire et de douche changés à temps.

Des vitres embuées signalent toujours un excès d'humidité.

Quand des travaux sont la vraie solution

Si la cause tient au bâtiment, aérer ne suffit pas. Un mur froid se corrige par l'isolation, côté façade ou côté pièce (isoler un mur par l'intérieur). Sans fenêtre, une salle de bain demande une ventilation qui évacue vraiment la vapeur (la ventilation d'une salle de bain). Avant de changer les fenêtres ou d'isoler, l'OFSP conseille l'avis d'un spécialiste : c'est ce qui évite une moisissure de retour un ou deux ans plus tard (OFSP, 2021).

Logement loué ou en PPE : qui s'en occupe ?

Si vous louez votre logement, la question relève du droit du bail. Le bailleur entretient la chose louée dans un état approprié à l'usage prévu (CO, art. 256), et le locataire lui signale les défauts qu'il n'a pas à réparer lui-même (art. 257g). L'OFSP ne traite pas ces questions : il renvoie aux associations de locataires et de propriétaires, et aux autorités de conciliation (OFSP, 2026).

En PPE, l'OFSP conseille de signaler le dégât à l'administrateur. Le règlement de la PPE dit ensuite si l'assainissement revient au copropriétaire ou à la communauté (OFSP, 2021).

Pour remettre en état un mur assaini, voyez nos travaux de peinture. Votre chef de projet vous signale avant l'offre écrite si la cause de l'humidité demande d'autres travaux que la peinture, comme une ventilation ou une isolation.

Sources

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