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Juste Mesure

Chape en rénovation : sèche, ciment ou anhydrite

L'équipe Juste Mesure · sources vérifiées le

Illustration : galetas vidé et balayé, plancher en bois et compartiments à claire-voie.

Sous un carrelage ou un parquet se trouve presque toujours une chape : la couche qui recouvre la dalle et rend le sol plan. En rénovation, on la garde, on la répare ou on la refait. Il en existe trois familles : la chape ciment, la chape anhydrite et la chape sèche. Le choix dépend de la pièce, du plancher qui la porte et du temps dont dispose le chantier.

En bref

  • La chape ciment supporte l'humidité : elle reste le choix habituel des salles de bain et des douches de plain-pied.
  • La chape anhydrite, coulée presque liquide, se met de niveau seule et enrobe bien un chauffage par le sol, mais elle craint l'eau.
  • La chape sèche, faite de plaques posées à sec, convient aux planchers légers et aux chantiers qui ne peuvent pas attendre un séchage.

À quoi sert une chape ?

Posée sur la dalle porteuse, la chape rattrape les écarts de niveau, peut loger des tuyaux ou un chauffage par le sol, et reçoit le revêtement final. Elle est dite adhérente quand elle fait corps avec la dalle. Elle est dite flottante quand elle repose sur une couche isolante et reste séparée des murs par une bande souple : cette séparation freine les bruits de pas vers l'étage du dessous.

En Suisse, les chapes flottantes posées à l'intérieur des bâtiments ont leur norme, la SIA 251, valable depuis le 1er janvier 2008. D'après l'extrait public qu'en donne la SIA, elle fixe les résistances exigées des mortiers et les épaisseurs minimales qui en découlent (SIA 251, extrait public). Sa table des matières traite aussi du chauffage par le sol, des joints et de la planéité de la chape finie.

Chape ciment : le choix des pièces humides

La chape ciment mélange du sable, du ciment et de l'eau ; on la tire à la règle pour obtenir une surface plane. Elle tolère bien l'humidité, d'où sa place sous le carrelage des salles de bain et des douches à l'italienne.

Son point faible est le séchage. Avant d'y poser un parquet ou un sol souple, il faut attendre qu'elle ait rendu son eau, et ce temps varie avec son épaisseur, l'aération et la saison. Le poseur mesure en général l'humidité restante avant de coller un revêtement sensible.

Chape anhydrite : plane, mais sensible à l'eau

La chape anhydrite est à base de sulfate de calcium. Coulée presque liquide, elle se répand et se met de niveau d'elle-même. Elle enrobe bien les tubes d'un chauffage par le sol et convient en général aux grandes pièces d'un seul tenant.

Elle a ses limites. Elle n'aime ni l'eau qui stagne, ni l'humidité permanente : dans une salle de bain, elle demande une étanchéité soignée, et beaucoup d'artisans lui préfèrent le ciment sous une douche. Sa surface se ponce le plus souvent avant la pose du revêtement, pour retirer la fine pellicule qui se forme en séchant. Enfin, elle se répare avec un produit compatible, en général pas avec un mortier de ciment.

Chape sèche : sans eau ni attente

La chape sèche se compose de plaques assemblées, souvent posées sur un lit de granulés qui rattrape les écarts de niveau. Le chantier n'apporte pas d'eau : le revêtement peut suivre sans temps de séchage. Elle pèse aussi moins lourd qu'une chape coulée, un argument sur un vieux plancher de bois. En pièce humide, elle demande des plaques adaptées et une étanchéité continue ; pour une douche de plain-pied, on revient le plus souvent à une chape coulée.

Quelle chape choisir pour votre rénovation ?

  • Salle de bain et douche de plain-pied : le plus souvent une chape ciment, sous une étanchéité continue (la douche à l'italienne).
  • Séjour avec chauffage par le sol : une chape anhydrite ou ciment, selon le système de chauffage choisi.
  • Plancher en bois ancien, ou chantier sans délai de séchage : souvent une chape sèche.
  • Sol seulement bosselé sous un revêtement neuf : un ragréage peut suffire. C'est une couche mince qui lisse la surface sans refaire la chape.

Le revêtement se décide ensuite, et le choix entre parquet, stratifié ou vinyle tient compte de la chape qui le porte.

Avant de casser l'ancien sol : trois vérifications

L'amiante d'abord. Ce matériau a été employé jusqu'en 1990, entre autres dans des revêtements de sol et des colles de carrelage. À Genève, un diagnostic se fait avant toute intervention sur un bâtiment construit avant 1991 (directive du SABRA). Dans Vaud, le canton le juge indispensable avant tous travaux sur ces bâtiments, même minimes (vd.ch). Pour la suite, lisez l'amiante avant travaux.

La hauteur ensuite. Une chape neuve, avec son isolant, peut rehausser le sol : les seuils, les portes et les plinthes devront suivre.

Le bruit enfin. Entre deux appartements, votre plancher est le plafond du voisin. L'ordonnance sur la protection contre le bruit range les plafonds parmi les éléments de séparation entre logements (OPB, art. 33). Leur isolation acoustique doit satisfaire aux règles reconnues de la construction, y compris quand ils sont transformés ou remplacés (art. 32, al. 3). En PPE, la dalle porteuse reste une partie commune : on ne la creuse pas sans l'accord de la copropriété (Code civil, art. 712b).

La pose elle-même est décrite sur notre page carreleur. Votre chef de projet vous signale avant l'offre écrite si votre chape peut être gardée, réparée ou doit être refaite.

Sources

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