Carrelage de salle de bain : formats, finitions, antidérapant
L'équipe Juste Mesure · sources vérifiées le

Le carrelage de salle de bain vit avec l'eau, le calcaire, les produits de nettoyage et, au sol, les pieds mouillés. Trois choix décident de son rendu et de sa sécurité : le format des carreaux, leur finition et leur résistance à la glissance. Mieux vaut les trancher ensemble, avant de tomber sous le charme d'un échantillon.
En bref
- Grand format : moins de joints, mais un support très plan. Petit format : plus de joints, mais il suit les pentes d'un sol de douche.
- Au sol, une surface mate ou légèrement structurée glisse en général moins qu'une surface brillante.
- Le BPA recommande une résistance à la glissance de classe G3 dans une douche, et G2 pour le sol d'une salle de bain où l'on marche pieds nus au sec.
Grand ou petit format : lequel pour quelle surface ?
Un grand carreau réduit le nombre de joints. Le sol paraît plus calme et se nettoie plus facilement. En contrepartie, il demande un support très plan : sur un sol ancien un peu bombé, les bords des carreaux risquent de ne pas s'aligner. Un ragréage, une couche de mortier fin qui remet le sol à plat, est alors souvent nécessaire.
Un petit format, jusqu'à la mosaïque, multiplie les joints. Il épouse mieux une pente. C'est pourquoi il revient souvent au sol d'une douche de plain-pied, quand l'eau s'écoule vers une grille centrale. Les joints plus nombreux demandent en revanche plus d'entretien.
Aux murs, le choix est plus libre. Deux détails comptent pourtant :
- les bords rectifiés, coupés droit en usine, permettent des joints fins ; des bords bruts en demandent de plus larges ;
- un calepinage, c'est-à-dire le plan de pose qui situe chaque coupe, évite une bande étroite au ras du plafond ou une coupe disgracieuse autour de la robinetterie. Demandez-le avant la pose.
Carrelage salle de bain : quelle matière, quelle finition ?
Le grès cérame absorbe très peu d'eau et convient en général au sol comme aux murs. La faïence, plus poreuse, se réserve le plus souvent aux murs.
La surface décide de l'entretien et de l'adhérence :
- une finition brillante reflète la lumière, mais montre les traces de calcaire et glisse davantage une fois mouillée ;
- une finition mate cache mieux les traces ;
- une surface structurée accroche mieux sous le pied, mais retient plus la saleté si son relief est profond.
Le BPA, le Bureau de prévention des accidents, conseille de choisir des sols faciles à nettoyer, pour éviter que la saleté ne s'accumule (BPA, « Sols », 2025). Il demande aussi de n'utiliser que les produits de nettoyage prévus pour le revêtement : les autres risquent d'abîmer sa surface et de la rendre glissante (bfu.ch).
Les joints, eux, existent surtout en deux familles. Un joint à base de ciment est le plus courant. Un joint en résine époxy résiste en général mieux à l'eau et aux taches, mais se pose plus difficilement.
Antidérapant : les classes à connaître
Le BPA détaille deux façons de mesurer la glissance d'un sol (BPA, « Sols », 2025) :
- en laboratoire, sur un plan incliné : les classes R9 à R13 valent pour un sol foulé avec des chaussures, les classes A, B et C pour un sol foulé pieds nus, C étant la plus adhérente ;
- sur place, avec un appareil appelé tribomètre, selon la norme SN EN 16165 : il donne les classes G1 à G4, de la moins à la plus adhérente.
Pour le BPA, la classe de laboratoire facilite le choix, mais ne remplace pas une mesure sur le sol posé. Quand le fabricant n'indique pas le coefficient de frottement de son carreau, le BPA recommande de vérifier un échantillon au tribomètre.
Sa liste d'exigences classe la douche parmi les secteurs pieds nus en conditions humides : classe G3. Pour le sol d'une salle de bain, foulé pieds nus et en général sec, il recommande la classe G2 (BPA, « Sols », 2025, tableau 11). Ce sont des recommandations, valables aussi pour un logement privé. Pour ces secteurs pieds nus, le BPA conseille en outre d'adapter la pente d'écoulement au matériau du sol. Sur sa page consacrée à l'habitat, il recommande d'équiper la salle de bain de sols antidérapants (bfu.ch).
La pose, sous le carreau
En Suisse, la norme SIA 248 traite des carrelages et des revêtements en carreaux de céramique, de verre et d'asphalte (catalogue des normes SIA).
Un carrelage, même bien jointoyé, ne fait pas barrage à l'eau. Dans la douche et autour de la baignoire, une étanchéité posée sous les carreaux protège le plancher : son rôle est expliqué avec la pente et l'étanchéité d'une douche à l'italienne.
Si le bâtiment a été construit avant 1991, pensez à l'amiante avant de casser un ancien carrelage : la directive genevoise compte les colles de carrelage parmi les matériaux qui peuvent en contenir (directive SABRA).
Le carrelage se choisit avec le receveur et la paroi : lisez aussi paroi et receveur de douche. Pour toute rénovation de salle de bain, votre chef de projet vous signale avant l'offre écrite si le support existant convient au format choisi.

